
A propos de l’auteur : Xavier Conesa
Xavier Conesa est le PDG de Kapture.io, une entreprise familiale transmise de génération en génération depuis 94 ans. Après presque un siècle d’adaptation aux exigences du marché, il s’est spécialisé dans la numérisation des données avec le SMQ Kapture.io et explique dans cet entretien comment il voit l’avenir du secteur, coïncidant avec la publication imminente du guide « Ennemis du calibre et de la qualité« ..
L’industrie espagnole s’efforce de sortir de la crise résultant de la pandémie mondiale. L’arrivée des subventions européennes « Next Generation » sera un grand coup de pouce, qui devrait pousser les PME à augmenter leur volume afin de continuer à renforcer l’innovation et la compétitivité dans le pays, une vision partagée par les différents acteurs du secteur.
« Dans le secteur des composants automobiles, nous avons de nombreuses PME qui seraient beaucoup plus compétitives si elles augmentaient leur taille, en raison des synergies et des économies d’échelle qui pourraient en résulter. Nous devons faire preuve d’imagination, tant dans le secteur privé que dans le secteur public, et activer les leviers qui permettent aux PME d’augmenter leur taille », déclare la présidente de l’association espagnole des fournisseurs de l’industrie automobile Sernauto, Helena Antolin. La vice-présidente du Grupo Antolin sait que les petites et moyennes entreprises doivent jouer un rôle clé dans l’évolution du secteur et que, sans leur participation, la sortie de la crise sera beaucoup plus longue. Elle est sur la même longueur d’onde que le PDG de Kapture Intelligence, Xavier Conesa : « Il est important que les PME gagnent en taille pour entreprendre des projets de R&D plus puissants, pour innover et pour résister avec plus de force à des crises comme celle que nous traversons actuellement. Elles sont agiles, proposent des solutions innovantes et sont essentielles à l’amélioration de la compétitivité. L ‘aide européenne passera par les projets de tracteurs, mais elle devrait être capillarisée jusqu’à ce qu’elle atteigne les PME. Sans 85 % du tissu, il est impossible de parler de l’avenir de l’industrie en Espagne ».
Le secteur automobile est essentiel à l’économie espagnole, comme en témoigne le fait qu’il représente 8,5 % du PIB, 20 % des exportations et qu’il emploie 2,5 millions d’Espagnols. Il doit être l’un des moteurs actuels et futurs de l’économie et Xavier Conesa peut s’appuyer sur le succès du logiciel Kapture.io, qui aide de nombreuses entreprises à se numériser. Si l’industrie est de plus en plus mondialisée, l’Espagne peut s’inspirer d’un modèle de référence comme celui de l’Allemagne pour choisir la meilleure façon de sortir de la crise et prendre les mesures nécessaires pour évoluer.
« L’Allemagne a déployé son modèle en soutenant notamment ses petites et moyennes entreprises, en les technicisant, en en faisant des champions nationaux et en exportant mondialement sur des marchés de niche », explique Xavier Ferràs, professeur d’opérations, d’innovation et de sciences des données à l’ESADE. « Ce qu’il faut faire, et c’est ce que font des pays comme la France et l’Allemagne, c’est soutenir l’industrie stratégique et encourager sa croissance. C’est parier sur l’innovation, le progrès, l’emploi de qualité et le bien-être social ; c’est regarder vers l’avenir », ajoute Helena Antolín.
C’est pourquoi la prochaine génération doit aussi contribuer à renforcer les PME, à travers les projets des grandes entreprises. Si les deux secteurs vont de pair, la sortie de crise sera plus rapide et meilleure, grâce au bon travail des petites et moyennes entreprises dans des secteurs clés tels que la numérisation, qui est transversale. « C’est la dernière chance. L’Europe ne nous offre pas un fonds de générosité, mais de compétitivité.Les ressources sont destinées à aborder ce futur de l’innovation, de l’industrie 4.0 et des technologies exponentielles« , prévient Xavier Ferràs. La tradition industrielle de l’Espagne repose principalement sur les PME, souvent pionnières et toujours protagonistes du changement. Les logiciels nationaux, comme kapture.io, sont puissants et compétitifs, déjà prêts à donner des résultats satisfaisants sans avoir besoin de chercher des alternatives à l’étranger. « L’esprit d’entreprise est le moteur de l’innovation et de la création d’emplois dans la société. Ce n’est qu’avec un esprit d’entreprise et des projets concrets que nous pourrons relever les défis qui nous attendent », déclare Francisco Riveras, président de Gestamp et d’ENDEAVOR. La sortie de crise est toute tracée et passe par la croissance des PME.

